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AGIR POUR l'ENFANT - Coordonnées - Journal

VENIR EN AIDE A HAÏTI

ADOPTION : Le secrétariat de l’Adoption Internationale n’autorise pas la prise en compte de nouveau dossier pour Haïti. Merci à vous de prendre directement contact avec le service adoption de votre Conseil Général.

AIDES : Tout d’abord merci à tous ceux qui continuent de nous envoyer de l’aide. Vous êtes nombreux à organiser qui un bol de riz, qui un spectacle, qui un rassemblement. Beaucoup d’imagination et d’efficacité.
Cette mobilisation au-delà de l’aide au fonctionnement des structures va nous permettre de participer à la reconstruction, à la mesure bien sûr de la taille de notre institution.
Nous allons nous concentrer sur 3 actions :

La crèche NDEM à Delmas 33
Le séisme a fortement ébranlé la maison principale qui doit être fortement consolidée avant de pouvoir être de nouveau fonctionnelle. Notre intervention sur cette structure va être multiple :

  1. Aide au fonctionnement tant que l’état français ne débloquera pas de nouveau l’adoption des enfants. Les nombreux enfants dans la structure encore en attente de parents adoptifs ne sont que très partiellement pris en charge par les Organismes Internationaux (PAM et UNICEF)
  2. Reconstruction d’une partie du mur de clôture, pavage de la cour où des tentes sont installées en l’attente de la réparation de la maison principale.
  3. Démolition de la chambre des « bébés » construite  en surplomb de l’école. Réfection des dalles et des murs en béton. Reconstruction sur l’espace dégagé.
  4. Extension du bâtiment pour que de plus nombreux enfants puissent être accueillis dans de meilleures conditions.

Nous devons pouvoir débuter très rapidement les achats de matériaux, car les prix des matières premières montent en flèche. De nombreux dossiers ont été montés et envoyés à des fondations publiques ou privées. Nous restons en l’attente de leurs réponses.

La Crèche Foyer de Sion à la Croix des Bouquets et Fontammara
Le séisme n’a pas créé de trop nombreux dégâts sur la crèche principale à Fontamara. De nombreux enfants sont partis en adoption aux  États-Unis et au Canada. Bien des enfants devant être adoptés en France sont encore sur place. De nombreux petits attendent que le processus d’adoption soit autorisé par les autorités étrangères, les enfants qui grandissent et pour lesquels nous ne pourrons trouver de parents adoptifs. Pour ceux-là une forte participation au fonctionnement de la crèche est donc nécessaire au moins pendant 6 mois.
Cela a rendu d’autant plus urgente la finalisation de la nouvelle crèche en construction à la Croix des Bouquets dans la plaine au bas de Port-au-Prince, loin de la pollution et des mouvements de foule. Le gros œuvre est terminé, il reste l’aménagement intérieur. Agir s’est engagé avec « le coup de pouce » d’une Fondation à prendre en charge l’achat en France et en Italie des Carrelages et Faïences qui doivent partir au début avril par container.

L’École Cœur Immaculée de Marie
Agir pour l’Enfant a une collaboration depuis 10 ans avec cet établissement scolaire et les « Filles de Marie » qui le gèrent et accueillaient environ 1200 élèves. Les bâtiments ont été entièrement détruits lors du séisme. Pour l’instant Agir s’est seulement engagé à verser 9 000 $ pour la réalisation des plans de reconstruction.
Vous avez été nombreux à soutenir les salaires des personnels dans les crèches, nous cherchons également à prendre en charge des maîtres dans une école créée par un ancien filleul Georginaud Debrosse dans la montagne au-dessus de Petit Goave.

Merci encore à tous ceux qui se sont mobilisés dans un grand élan de générosité et qui ont fait confiance à notre association. Nous vous convions tous à notre prochaine Assemblée Générale le dimanche 25 avril à l’Espace Malraux à Joué-lès-Tours à 15 heures pour vous rendre compte de ce que nous avons fait des dons et vous présenter nos projets. Les membres de l’Association qui sont revenus d’une mission en Haïti en février partageront avec vous leurs émotions.

AGIR reste fidèle à ses principes : 100 % des dons vont en Haïti, un Commissaire aux Comptes est appelé à vérifier les comptes de l’association dans un souci de transparence. 100 % des actions viennent des acteurs en Haïti, AGIR pour l’ENFANT n’intervenant qu’en facilitateur.

Guy BRAULT

PARRAINAGE : Certaines de nos crèches et écoles ont tout perdu et elles ont besoin d'un soutien dans leur fonctionnement à moyen terme.
Nous vous proposons de souscrire un parrainage mensuel qui servira à assurer les salaires du personnel de ces établissements. Il s'agit principalement des nourrices, des infirmières ou des enseignants qui n’ont même plus les moyens d’aller travailler.
Dés la réouverture des écoles vers le 15 février, Dominique BRAULT, sur place, pourra recenser de nouveaux enfants ou jeunes à parrainer en partenariat avec les responsables des structures.

Merci de remplir le formulaire (voir rubrique parrainage) avec l'autorisation de prélèvement (accompagné d'un RIB) et de nous le retourner par courrier à l'adresse indquée sur le formulaire.

DONS : Vous pouvez toujours envoyer vos dons en utilisant les documents suivants à télécharger : Appel et RIB. L'envoi d'un chèque est préférable à un virement pour pouvoir vous adresser un reçu fiscal.
Pour la collecte des dons, vous pouvez également coller cette affiche dans les clubs, commerce, églises ou autres lieux publics.

APPEL : Si des filleuls nous lisent, qu'ils se regroupent et nous envoient un email nous donnant leur nouvelle adresse et un numéro de téléphone.
Ceux qui sont de Verrettes ou de l'école Jules Verne peuvent prendre contact directement avec la personne chargée du suivi.
Ceux qui connaissent Yvens peuvent lui envoyer un mail ou s'identifier.
Bruno et Alain, nos deux responsables parrainages, vont essayer de vous écrire directement quand nous avons votre mail.

Guy BRAULT

TEMOIGNAGES EN DIRECT D'HAÏTI :

Flèche Témoignage de Joël Gouy du 11 avril 2010

La vie dans l’agglomération

On me demande comment on vit à P-au-P après le grand drame du 12 janvier. Ceci est mon témoignage (et je ne suis pas journaliste).  

1- Ce qui est inchangé

a-     La circulation routière, à Pétionville, devient un casse-tête et trouver une place de stationnement un coup de poker. Pourquoi ? Parce que beaucoup de commerces établis à P-au-P sont fermés ou détruits, et qu’ils ont été délocalisés à PV. Ce mouvement est commencé depuis une bonne dizaine d’années et PV, ville résidentielle à l’origine, est devenue une ville commerçante. Qui attire beaucoup, beaucoup de monde.
Les rues sont encombrées de véhicules mais également d’une foultitude de piétons. Quant aux trottoirs, ils sont le domaine des marchandes des rues qui s’y installent pour la journée afin de  vendre quelques pauvres marchandises. Bien souvent, elles sont assises sur des tas de détritus.
Leur courage mérite le respect, car avec ces maigres ventes, elles font vivre leur maisonnée.
Bon nombre de nos mères d’élèves et de normaliens sont des ‘’commerçantes’’ de ce type, comme elles disent.

b-     L’alimentation

Elle ne pose pas de problème du moment qu’on a de quoi payer.

2- Ce qui est nouveau

a-     Le camping massif est une conséquence du TT (lisez tremblement de terre).
Actuellement, P-au-P pourrait entrer dans le livre des Records en matière de  camping/habitant
Dans ces campeurs deux catégories :
-      Ceux qui, minoritaires, ont la frousse de rentrer dans leur maison, pourtant en bon état. Ils finiront par se lasser du camping quand les pluies vont devenir sérieuses (et çà commence).
-      La majorité, ceux dont la maison est détruite ou inhabitable. Si vous survoliez la capitale en ce moment, je pense que vous seriez frappés par le nombre incroyable de camps. Chaque terrain disponible a été investi. Cela va des grandes places publiques : le Champ de Mars à P-au-P qui doit servir de résidence à plusieurs milliers de personnes, la Place St Pierre et la place Boyer à Pétionville, où les tentes sont à tout touche, la promiscuité intenable et les odeurs indignes. Les terrains de sport : réquisitionnés sans mandat évidemment, les espaces libres squattés.
-      Il y a des centaines de camps. Avantage pour ces « campeurs » : ils bénéficient de l’aide internationale. Eau, nourriture, WC, soins médicaux, tout leur est fourni. Pour combien de temps ?
-      Et l’imprévisible. Le piège que j’ai pu éviter. Beaucoup de ces sinistrés se sont installés dans les cours d’écoles. Ce fut le cas, notamment, à St Louis de Gonzague, une institution propriétaire d’un immense terrain entre Delmas 31 et Delmas 33. Les sinistrés s’y sont installés par milliers.
Et maintenant, à la veille de la réouverture des écoles, ils refusent de partir…Ce cas n’est pas unique.
-      Autre phénomène. A la sortie nord de l’agglomération, dans  des zones incultes ou  arides, il y a des milliers d’abris de fortune dispersés sur des hectares. Souvent, 4 piquets et un ‘’pwelat’’ (prononcer préla), c’est-à-dire une bâche (je me demande qu’elle est  l’origine de ce mot). Et aussi de ‘’vraies tentes’’. La question est de savoir à quoi vont servir ces abris précaires, surtout quand la pluie tropicale va donner des hectolitres. Les mauvaises langues disent que ce sont des points de chute destinés à obtenir l’aide internationale…

b-     Des queues interminables

Les femmes font des queues longues, longues, pour obtenir  un sa de riz et autres denrées.
Les hommes attendent à proximité pour porter le sac et le protéger.

c-     Travail à haute densité de main - d’oeuvre

Nouveau également. Dans le but de fournir du travail à des sinistrés, on paie des groupes de jeunes pour des travaux d’intérêt général. Ce qui est une excellente mesure : mieux vaut donner du travail que de l’assistance.
Pour me rendre de  l’école à Pétionville (moins de 5 km), j’ai le choix :
-Prendre la route goudronnée dite de Frères(avec quand même quelques trous, et même beaucoup de trous) et compter une bonne heure. Ce qui fait une moyenne de piéton.
-Ou prendre une piste (où les 4 roues motrices sont salvatrices). Compter un quart d’heure. La différence est appréciable. Et le long de cette piste, il y a plusieurs de ces groupes de jeunes qui essaient de restaurer la dite piste. Vous allez dire que j’ai mauvaise langue, mais j’ai des témoins : à chaque fois que je dépasse un de ces groupes, il y en au maximum 3 qui travaillent et 30 qui sont appuyés sur leurs pelles ou assis par terre. A ce rythme échevelé, la restauration de la piste avance de 10m par semaine.  Cela me rappelle les cantonniers de nos campagnes d’autrefois, qui, paraît-il ne forçaient pas leur musculature.
Ils sont installés pour durer.

Parlons de cette fameuse rentrée

Si, si, elle a bien eu lieu. Une grande satisfaction  pour ceux qui étaient présents.

1- A l’école Jules Verne

Lundi 5 avril : 40% de l’effectif  présent
Mardi 6 avril : 60%
Mercredi 7 avril : 80%.
Avec des nombres cela donne, pour la fin de semaine :
154 élèves présents. Soit à peu près 140 de nos « anciens » (sur 169 avant le séisme) et 14 « intégrés ». Ceux-ci sont des frères ou sœurs de nos « anciens » ou des enfants venant avec les normaliens ; pour eux,  leur école d’origine est hors service.
Parmi nos « anciens » qui ne sont pas présents, il y en a qui ont peur du « béton ».

2- A l’ENIAE

Pour les normaliens, on devrait atteindre l’effectif de 70 présents lundi, sur 85 avant le TT.
Le professeur de Pédagogie Générale, M.Riguer, est parti aux USA.

3- Deuxième vacation

C’est le gros problème.
Sachant que nous devons réserver des places aux enfants qui ne sont pas encore revenus, sachant  que  nombre d’ écoles sont hors service et que des milliers d’élèves sont privés de scolarité, nous sommes contraints, face à la demande,  de créer une 2ème vacation.
Qu’est-ce que cela signifie ?
1-     L’établissement fonctionnera de 8h à 13h, pour nos élèves et les « intégrés ».
2-     L’après-midi, de 1h15 à 5h15, une seconde école  entrera en action (dans les mêmes locaux).
Début des opérations, ce lundi 12 avril.
Cette école bis sera encadrée par une directrice et des instits qui n’exercent pas le matin.
Pour demain, 75 élèves  sont inscrits, de la PS au CE2. Nous les répartirons en 3 classes.
En attendant la suite…
3-     Car, nous sommes face à un dilemme.
Il nous faut trouver des financements pour payer les salaires et le fonctionnement de l’école bis.
Des organisations internationales, telles l’UNICEF, l’USAID ou Save the Children, pourraient couvrir  ces dépenses, à condition que nous ayons 200 élèves (l’après-midi). C’est ce qu’on appelle la politique du nombre : peu importe la qualité de l’enseignement, faut du chiffre.
Le dilemme est le suivant :
-       Ou arrêter les inscriptions et gérer 3 classes
-       Ou accepter d’autres inscriptions (il y aura des candidats). Jusqu’à quel nombre ? Faut-il viser l’objectif de 200 pour obtenir des subventions ?

Ecole République de Cuba

En  1991, alors que je travaillais au Lycée Français de P-au-P, j’avais pris contact avec le Directeur de l’Ecole République de Cuba, située à Méyotte (après Péguy Ville).
La Bâtiment ressemblait à une halle médiévale, avec 5 grandes arcades de chaque côté, ouvertes à tous vents et à tous visiteurs.
Le vœu du Directeur était de mettre en sécurité son école. J’avais donc financé l’installation de grilles  de fer pour les 10 arcades.
Je suis passé près de l’Ecole République de Cuba il y a quelques jours.
Elle est totalement détruite.
PS Je suis repassé près de cette école hier. Le terrain de football voisin est, bien entendu, devenu un camp. Mais, désormais, on est en train de construire une structure en bois pour accueillir les élèves.

Flèche Témoignage de Joël Gouy du 10 février 2010

J’Y SUIS  ALLE
Jusque là,  j’avais réussi à éviter de descendre jusqu’à la mer, à  P-au-P.
En compagnie de ..........., j’y suis allé.
Seul, j’en aurais pleuré.

D’un seul coup d’oeil

La poste principale, effondrée, déblayée désormais.
Le Ministère des affaires Etrangères, écroulé, déblayé.
La Mairie, détruite.
Les Douanes, debout.

Un autre coup d’œil

Les entrepôts Rossard, à terre
La  librairie-papeterie l’Abeille, la papeterie Nau, en ruines, pillées et incendiées par les pilleurs. Les braves gens.

D’autres visions

La cathédrale, à achever.
L’Eglise Ste Trinité, pareillement
L’église Sacré-Cœur, de Turgeau, très endommagée
Beaucoup d’écoles catholiques et congréganistes, pliées. Dont  Saint-Louis de Gonzague où nos candidats ont passé l’oral de leur Diplôme de Fin d’Etudes Normales.

Et encore

Le palais National, à abattre
La DGI (Impôts) en miettes
Le palais de Justice, un souvenir.
L’UCA ONG , administration qui gère les ONG, un tas de gravats.

Et les universités

Un cataclysme, car beaucoup fonctionnaient à la minute du séisme. Quelques exemples.
GOC (Groupes Olivier Collaborateurs), au moins 1000 étudiants et leurs profs ensevelis dans les décombres.
Même nombre de victimes (au moins) à l’ IGC (Institut de Gestion et de Comptabilité).
Les deux bâtiments de 7 ou 8 étages n’ont pas résisté. Un survivant, qui avait cours au 3ème étage de l’IGC est venu me voir cet après-midi. Une poutre en béton, cassée, l’a protégé de l’écrasement.
PV, dont l’épouse Carole est prof au Lycée, était en cours avec 200 ou 300 étudiants à la fac de linguistique (dont il était le doyen) . Tous écrasés.

Port-au-Prince

Un champ de ruines. Pas à 100% tout de même. Au moins 50% sans exagérer.
Le Champ de Mars, un camp de pauvres tentes improvisées ; et les odeurs, intenables, car les sanitaires sont incapables de satisfaire des foules pareilles. 
Que vont devenir ces sinistrés quand la saison des pluies va commencer ?

RENTREE – QUAND ?

Tout le monde sait, même le gouvernement, que la reprise des classes est capitale pour le moral de la nation.
Moyennant quoi, on nous interdit de reprendre le 15 février, alors que nous sommes prêts.
L’établissement a été inspecté (j’attends une seconde expertise par sécurité).
De nos 85 normaliens, une seule n’avait pas donné signe de vie au 25 janvier; ce qui ne prouve rien, car elle est peut-être en province.
Dans nos 169 élèves, une fillette de GS est décédée, Maevah Pierre. A ce jour, près de 130 élèves ont été réinscrits.
Et les demandes d’inscription pour des élèves provenant d’autres établissements commencent.
Depuis 2 ans, nous refusons 100 élèves chaque année, faute de place.
Que va-t-il se passer ?

APPROVISONNEMENT

Pour ceux qui ont de l’argent, pas de problèmes. Marchés et supermarchés de Pétionville sont achalandés. Avis à ceux qui craignent le retour  au  pays.
Pour les autres, c’est difficile de se procurer une carte de rationnement. Et les files de femmes qui attendent patiemment leur tour pour obtenir du riz ou autre, sont longues, très longues. Les hommes sont interdits de file car ils se battent, paraît-il.
Combien de temps durera ce bien triste spectacle ?

RECORD

A l’aéroport Toussaint Louverture, celui de P-au-P, en temps normal, moins de 20 mouvements d’avions par jour.
Au plus fort des opérations de débarquement de matériels, on a atteint 160 mouvements d’avions. Cela faisait plaisir à nos amis Barré qui ont la chance d’être dans l’axe de la piste. Ils avaient droit, nuit et jour, au survol de toutes sortes d’avions, dont certains quadrimoteurs militaires qui mettent beaucoup de temps  pour prendre de l’altitude (sortis des musées ?) et qui faisaient trembler le sol.
Des navires ont acheminé des quantités de matériels, notamment ces gros engins de déblayage à l’œuvre partout.
Et d’impressionnants convois de camions et de camions-citernes venaient du pays voisin, la République Dominicaine, qui a tendu la main.

Flèche Témoignage d'une personne repartie quelques jours au Canada.

Je suis arrivée à ….. (Canada) un peu abasourdie de tout ce que j'ai vu, tout ce que je n'ai pu faire, tout ce qui se passe actuellement dans ce pays meurtri et dévasté.

Je me connais forte mais depuis mon arrivée je ne cesse de verser des larmes.  Je suis un peu stupide peut être mais je ne vois plus rien.  Des tout-petits amputés de bras ou de jambes,  des jeunes qui se voient en quelques minutes manchots ou sans membres inférieurs.  Des gens ça et là jonchés sur le sol dur sous les caprices de la rosée des aurores.  Ce n'est pas possible.  C'est un rêve.  C'est un rêve et aucun réveil ne peut être considéré. 

Qu'est ce qui arrive encore aux habitants du pays.  Qu'est ce qui arrive aux bâtiments.  Toute classe confondue se cherche une petite place dans le couloir du boulevard des rats, la rue est encombrée par des maisons de fortune.  La ville est en bidon. Un bidonville à caractère officiel.
Waw. 

J'ai passé deux semaines à travailler comme une folle et je vois que je n'ai rien fait en laissant le pays, je me sentais coupable de ne pouvoir rien faire pour ces milliers d'enfants qui ne pourront fréquenter l'école cette année.  J'ai distribué chaque jour des plats chauds soit à l'hôpital de Diquini, soit à l'hôpital général soit aux abords de la cathédrale et les plats sont toujours insuffisants. 

En tout cas trêve de vous encombrer avec mes chagrins…………………………..
Je vous enverrai sous peu le rapport de votre premier don………

Bonne soirée

Flèche Témoignage de Jean Robert qui s'occupe de la répartition des finances pour les parrainges en Haïti.

Merci Dominique et Agir pour l'Enfant d'avoir pense a nous dans cette epreuve. J'etais encore au bureau avec deux autres cadres et c'etait epouvantable. Grace a Dieu, nous sommes sauves et depuis nous sommes dans la rue, vivant au rythme des repliques. Avec quelques amis et des membres de l'AHDL nous essayayons de venir en aide a nos freres rescapes mais ce n'est pas toujours evident. Nous avons assiste a la fin d'un monde. Le nouveau monde qui s'offre a nous nous invite a la solidarite.

Merci encore une fois d'avoir pense a nous et a bientot le plaisr de nous revoir.

Jean Robert

Flèche Témoignage de Marie Rosenie qui est une des toutes premiers filleuls de l'association en 2001. Désormais, elle travaille comme informaticienne dans une banque.

Bonjour monsieur Brault,

Je loue le seigneur de m'accorder la grace de pouvoir t'ecrire en ce moment si benit pour moi...
j'etais sur mon lieu de travail lors du catastrophe naturelle vecu en HAITI le mardi 12 Janvier 2010 a 4h53 PM. Grace a Dieu je suis en vie mais traumatisee ainsi que ma famille dont mon petit frere agee de 14ans a ete sauve de justesse a son Ecole Canado HAITIEN car l'ecole n'y est plus. L'immeuble ou je travaille d'apres les expertises n'est pas endomage c'est ce qui explique qu'on a repris les activites comme certaines entreprises d'ailleurs .

Notre maison est inhabitable mais on peut s'abriter dans la cour comme le fait tout le monde.En raison de l'insecurite, nous nous sommes refugies chez un oncle qui grace a Dieu sa maison n'est po ete endomagee et nous a tous receuillis : mes 4 soeurs et mon papa. Ma maman et mon petit frere kenny sont en province en raison de certaines emotions recu lors du catastrophe epouvatable.

Le soir, on s'arrange comme tout le monde a la belle etoile au risque d'empirer notre sante.(microbe, insectes, bacteries...) Je dors un oeil ouvert qui veut dire que c'est pas agreable le stress qu'on vis en HAITI ajoute de ce qu'on endurait deja. Mais Dieu Nous garde encore. Pour notre manger,quand il y a quelque chose, on s'entraide tant bien que mal. L'eau n'est pas guarantie sinon l'aide des etrrangers  quand ils apportent de l'eau pour certaines zones. 

Ce matin je devais me rendre a mon travail car on avait fait appel a nous comme backup en raison de certaines succursales endomagee; bien entendu ceux et celles qui se sentent capable. Moi j'y suis allee just pour me refaire les idees,cela peut m'aider mais franchement je fais l'effort comme pour encourager ceux qui nous entourent.je ne vis pas malgre moi.

Au faite, c'est bien domage je n'ai pas de video pour vous montrer l'ampleur des degats, des vies humaines jusqu'a present sont encore sous les decombres et en putrefactions des fois. Je suppose que vous les voyez online.

Donc, je peux vous dire que c'est en gros l'etat de notre situation actuelle en HAITI notre chere patrie si meurtrie. Mais je peux vous dire aussi que c'est port-auPrince qui a ete le plus affecte toute l'histoire de ce drame. les provinces n'ont pas de grand panique sinon Leogane, Petit-Goave, Jacmel, Mirebalais, vous les saurez sur le net.

Voici en gros le rapport de Marie Rosenie, l' une des miracles de Dieu. Il a daigne m'accorder la Vie encore pour chanter sa gloire eternellement. Soyez fervent en tout temps dans La priere en tout lieu et en verite, car moi je peux vous certifier qu'il n'y a pas de plus grand amour pour ceux qui s'abaissent devant la Majeste de L'eternel.  

Bonjour a Tous, Bien a Vous affectueusement,

Marie Rosenie

Flèche Un message de Joël Gouy commencé vendredi 15 janvier à 19 h 00 locales. Joël est le fondateur de l'école Jules Verne que nous soutenons et avec qui nous avons des enfants parrainés.

Une FROUSSE MONUMENTALE
J’ai cru que le bâtiment allait s’ écrouler. Tout bougeait fortement, murs et poutres en béton, meubles, tout. Et cet énorme ronflement qui effraie, et qui s’est reproduit à chaque secousse violente. Vraiment je n’ai pas compris tout de suite qu’il s’agissait d’un tremblement  de terre. Et quand je suis sorti enfin, la première et plus puissante secousse, qui a duré une minute, était terminée.
Heureusement, à 5h du soir, ce mardi 12 janvier,  il n’y avait dans l’école que Docimus, sa femme et leurs 3 enfants, ainsi que Serge, un ami de Martine  et Raymond Barré, le boss maçon Lucien, et moi. Heureusement, car un parapet de protection, autour de la terrasse du 3ème étage, a basculé dans la cour : 5 rangs de parpaings sur 10m de longueur.
Le boss Lucien s’est mis à gesticuler et à crier ‘’merci seigneur ‘’ et j’ai dû le calmer en lui disant : ‘’Il faut vérifier s’il y a des dégâts dans l’immeuble’’.
Quant à moi, je remercie très fort l’ingénieur Hantz Zennie qui m’a très habilement conseillé au début de la construction, pour calculer le nombre et le calibre des fers à béton, ainsi que les dimensions des poteaux et des poutres. Si la construction avait été fragile, je serais au nombre des victimes.

COUPURE DES COMMUNICATIONS
Ce vendredi soir, 3 jours après la catastrophe, je n’ai essentiellement que des informations qui m’ont été rapportées par d’autres personnes dont des normaliens qui sont venus.
Peu de temps après les 3 premières secousses, les communications ont été coupées. J’ai réussi in extremis à appeler les Barré et Betty ; chez eux  rien de grave.
Quand j’ai voulu appeler la France, ce fut impossible.
Que ceux qui ont craint pour nous me pardonnent : j’ai tenté mille fois, jour et nuit de vous appeler, en vain. Je n’ai réussi à parler à Martine Gouy que le jeudi vers 13h ; je n’ai eu que le temps de lui demander de prévenir tout le monde, de dire  que tout allait bien pour nous, et la communication a été coupée. Mais j’étais immensément soulagé.
Quant à internet, chez moi, la connexion n’est toujours pas rétablie et c’est depuis l’ installation d’amis possédant une antenne parabolique que je vous envoie ce message.

Une CATASTROPHE APOCALYPTIQUE
Par malchance, il ne me reste que peu de carburant dans la voiture et le groupe électrogène est à sec depuis une demi-heure.
Jeudi matin, n’arrivant pas à joindre la France, je me suis rendu à l’Ambassade pour signaler que Martine, Raymond, Serge et moi étions sains et saufs.
Sur le parcours, des maisons et des immeubles effondrés, mais pas très nombreux ; les plus fragiles ont cédé, souvent sur leurs occupants.
A L'AMBASSADE
L’Ambassade, c’est un lieu de rassemblement pour les Français sinistrés . D’abord, la résidence de l’Ambassadeur où j’ai assisté à bon nombre de réceptions, est au sol. Dans les jardins, c’est un camp de réfugiés, car il faut dormir hors des bâtiments.
Tous ces compatriotes attendaient leur rapatriement. Untel avait tout perdu dans l’effondrement de sa maison. Tel autre espérait aller récupérer quelques papiers dans les décombres de son habitation.
Et Benoît et Mylène Faucheux, effondrés par leur malheur : leur fillette de 3 ans tuée par l’écroulement de leur maison, et la mère de Mylène, toujours sous le béton…
A cette heure Benoît, Mylène et Margot, leur aînée, doivent être en France. Je ne peux que leur dire courage, ce qui est bien dérisoire.

Et AILLEURS
Autour du Lycée,  qui serait indemne, bon nombre de maisons et d’immeubles sont détruits.
Je ne suis pas allé encore au bas de la ville. Et, tous les témoignages le confirment c’est l’horreur absolue, l’enfer. Destructions massives et maintenant l’odeur des cadavres en décomposition sous le béton.
Vous avez certainement vu des images à la télé.
La Palais National en partie effondré, la cathédrale dont la voûte s’est effondrée sur les fidèles présents. La plupart des ministères, au sol.
Heureusement, dans ces édifices, à 5h du soir il y avait peu de monde.
Le pire ce fut dans les établissements scolaires.
Car il y a des cours à 5h. Et plusieurs facultés, plusieurs écoles normales  se sont  effondrées sur les étudiants. Probablement, le même désastre s’est produit dans des écoles qui pratiquent la double, voire la triple vacation. Qu’est-ce ? Le matin, cours pour enseignants et élèves ; l’après-midi, cours pour une 2ème vague d’élèves et de profs. Dans certains établissements on fait même 3 cohortes.
Et l’hôtel Montana, le plus prestigieux,  pour une clientèle capable de payer 200 dollars la nuit, écroulé sur 200 personnes. Combien seront sauvées par les sauveteurs français arrivés de Martinique ?
J’arrête.

SAMEDI 16 JANVIER 9h21
J'espere que mon premier message, sur clavier americain, donc sans accents, vous parviendra et vous rassurera.
Les bonnes et les mauvaises nouvelles  arrivent peu a peu car les liaisons telephoniques fonctionnent mal.
Quelques normaliens ont pu faire savoir qu'il n'y avait pas de probleme pour eux.
Mais Aldany, ma cuisiniere vient de passer: son frere est enseveli sous un immeuble de la DGI (Impots), son neveu et ses 2 nieces sous leur maison. Elle m'a dit que l'une des menageres de l'ecole a perdu 3 personnes.

C'est le debut d'une longue liste, helas...

HISTOIRE D'AGIR POUR l'ENFANT

A l'origine, les membres fondateurs d'AGIR POUR l'ENFANT sont des parents adoptifs d'enfants nés en Haïti.

Au travers de nos enfants nous avons pris conscience des conditions extrêmes de vie dans ces deux pays.

Parce que nous croyons que chaque enfant doit pouvoir bâtir son projet de vie, nous avons décidé de créer une association dont le but est d'aider les enfants d'Haïti en détresse, à atteindre cet objectif.

Ce site Internet vous permettra :

de connaître notre association, son équipe, ses objectifs et ses engagements. Vous pourrez en adhérant à AGIR POUR L'ENFANT venir partager nos convictions et nos actions,

de découvrir le soutien que nous dispensons à des structures locales en Haïti. Vous pourrez par vos dons aider ces projets,

d'offrir, par le parrainage, la possibilité à des jeunes haïtiens d'aller au Collège ou de faire des études supérieures. Vous disposerez des informations utiles pour vous engager à votre tour à devenir parrain ou marraine,

de prendre connaissance du mode de fonctionnement de l'association comme Organisme Autorisé pour l'Adoption d'enfants en provenance d'Haïti.

N'hésitez pas à nous laisser des messages pour nous faire part de vos remarques et de vos questions.


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